La vie de Cheikh Baba Sy

AL-MUSAWWIR – CELUI QUI FORME

L’ITINERAIRE DE CHEIKH BABA

Cheikh Baba SY est né au Sénégal en 1960, année de l’émancipation du pays de la colonisation française. A l’image de l’indépendance de son pays, Cheikh Baba SY détient les clés qui permettent de libérer l’âme de la colonisation corporelle.
Ainsi, permettez-lui de vous faire part de sa vie et de son itinéraire:

Que la paix divine soit sur vous.
Je m’appelle Cheikh BABA SY.
Je suis né le 1er janvier 1960 à KAOLACK, au Sénégal, en Afrique occidentale.

Enfant, j’ai fréquenté un peu l’école française puis l’école coranique. J’ai reçu une éducation musulmane imprégnée du soufisme culturellement présente au Sénégal et particulièrement dans ma famille. Mon grand-père m’a enseigné l’importance du respect de la charia, l’importance de toujours chercher à faire le bien. Il m’a expliqué que la vie est comme un voyage, si un homme part en France, il doit bien travailler pour revenir et enrichir sa famille. Cette image illustre le retour de l’homme vers Dieu le jour de sa mort: qu’a-t-il alors à apporter à son Seigneur ? Comment a-t-il enrichi l’humanité ? Mon grand-père m’a raconté la vie des grands prophètes, m’a présenté les 10 commandements de Moïse, les 7 pêchés capitaux des chrétiens et encore tant de connaissances…

En tant que jeune adulte, j’ai appris la menuiserie et au fil du temps, je suis devenu chef menuisier de mon propre atelier dans lequel je formais des apprentis. En parallèle, j’ai pratiqué puis enseigné le karaté.

Un jour, avec 3 amis, je suis allé voir mon grand-père pour lui expliquer que nous souhaitions quitter le pays car chacun d’entre nous avait un nouveau projet professionnel. Pour ma part je voulais à ouvrir un atelier de menuiserie en Mauritanie car la vie là-bas était réputée meilleure. Mon grand-père a donc fait ce qu’en wolof on appelle Setlou,c’est-à-dire qu’il a accompli des prières et médité pour percevoir si les projets seront bénéfiques ou non. Nous avons donc attendu le lendemain pour entendre mon grand-père donner une réponse à chacun de nous. A mon égard, il a dit qu’il était inutile pour moi d’aller travailler dans un autre pays et d’accompagner mes amis car bientôt, je deviendrai un grand soufi.
J’ai toujours pratiqué avec amour ma religion jusqu’à sentir une forte volonté qui m’a poussé à arrêter mon métier ainsi que le sport. Cet appel se renforçait avec des rêves et des visions de grands hommes de Dieu. C’est alors que j’ai tout quitté pour me consacrer à l’adoration du Divin. Ainsi, je me suis isolé autant que possible avec des retraits spirituels et une quête de guide. Suivant les maîtres que j’ai rencontré, je suis passé de la voie mouride à khadre et enfin tidjane. Puis j’ai décidé de suivre ma propre voie intérieure. Ma mère, de plus en plus inquiète à mon sujet,est partie en Mauritanie pour expliquer à mon oncle la voie que j’avais entreprise et pour lui demander de m’inciter à l’abandonner. Mon oncle m’a donc écrit une lettre pour me demander de venir le rejoindre en Mauritanie.
Arrivé à SELIBALY chez mon oncle, ce dernier m’a explique que ma mère ne comprennait pas la voie que je voulais emprunter mais que lui, le comprennait très bien.
Quelques jours après mon arrivée, mon oncle m’a demandé : « Que veux-tu devenir en épousant la voie soufi? » Je lui ai répondu: «Je veux être un prophète, évoquer ce que personne n’a jamais évoqué et aussi réaliser ce personne n’a jamais réalisé».
Très satisfait de ma réponse, il m’a explique que les soufis disent que: «Quiconque regarde le mur et ne voit pas Dieu, n’est pas soufi».
J’ai répondu «Un vrai soufi, avant même de regarder quoi que ce soit, doit voir le Divin. Ouvert comme fermé, l’œil du vrai soufi ne voit que l’être du Divin. Dormant comme veillant, le cœur du vrai soufi doit toujours puiser la lumière Divine afin de s’y ressourcer».
Émerveillé par cette réponse, mon oncle a décidé d’entreprendre un retrait spirituel de 24 heures pour moi, afin de prier, de demander à Dieu de m’accorder la force pour réaliser mes vœux. A sa sortie, mon oncle m’a annoncé que Dieu a accepté ses prières.
Au cours de mon cheminement intérieur, j’ai dit à Dieu : «Examines-moi comme Tu as examiné tous les prophètes et soufis. Ensuite, à mon tour je demanderai ce que j’attends de Toi».
Un jour, le gouverneur de la ville de SELIBALY a convoqué tout les étrangers, il les a tous laissé partir sauf moi. Il s’est exclame « C’est toi que je cherche, tu es un charlatan» en continuant à m’insulter.
Je lui ai répondu:« ton premier garde est un corbeau, le deuxième est un vautour et toi le chef, tu es un aigle»
«Comment oses-tu?» a-t-il vociféré en donnant l’ordre à ses gardes de me déférer aussitôt. J’ai répliqué qu’il ne pouvait rien contre moi en lui faisant comprendre que seul Dieu peut m’examiner et me juger. Il m’a alors retenu toute la nuit.
Mon oncle qui était un homme de Dieu très reconnu dans cette zone est venu lui expliquer qu’il valait mieux me libérer, que me retenir pourrait provoquer un grand danger et que m’écœurer pourrait coûter cher à toute la nation. Ainsi, le gouverneur a ordonné à ses gardes de me libérer et de m’expulser du pays. A ce moment, mon frère vivait aussi en Mauritanie et avant que les gardes m’aient évacué, je l’ai averti ainsi que mon oncle qu’ils me rejoindraient dans peu de temps.
Ils m’ont demandé ce que signifient ces propos, pourquoi devraient-ils quitter la Mauritanie ? J’ai répondu qu’ils comprendraient bien assez tôt.
Une fois à la frontière, j’ai éprouvé ma foi en disant à Dieu: «Toi qui a vengé tout tes hommes, je Te prie de bien vouloir me venger Seigneur car on m’a emprisonné et fait exiler injustement sans avoir commis la moindre erreur». Quelques jours après, le conflit sénégalo-mauritanien a vu le jour et ce conflit a pris source dans la même ville où l’on m’a causé du tort. C’est ainsi que les Sénégalais vivant en Mauritanie comme les Mauritaniens vivant au Sénégal sont repartis vers leurs pays d’origine. Mon frère et mon oncle ont alors compris mes paroles. Lorsqu’ils sont arrivés au Sénégal, mon frère m’a informé que le gouverneur qui m’a fait emprisonner a été dégradé et déféré à son tour.

Voyant mon mode de vie, ma mère a refusé de cohabiter avec moi. Par la suite, je suis parti à FARAFEGNE auprès de ma sœur où j’ai rencontré Ibrahima. Il a souhaité connaître la Marifa. Je l’ai mis sur la voie et au bout de quelques jours, il a découvert ce qu’est cette noble science. 
Quelques temps après, j’ai prédit à Ibrahima la mort de sa femme et l’endroit où elle serait enterrée.
Lorsqu’un jour, un de ses parents est venu l’informer que sa femme est décédée, il a réalisé que j’avais dit vrai. C’est ainsi que j’ai proposé à Ibrahima d’aller avec lui jusqu’à son village. Il m’a répondu que ce n’est pas un endroit pour moi, car selon lui le village était trop calme et la nourriture insuffisante. J’ai répondu que je cherche ce genre de lieu pour appliquer les règles soufies. 
Arrivés au village, Ibrahima m’a présenté son père, mais quelques temps après, le vieux m’a menacé, il m’a fait visiter les tombeaux des hommes de Dieu qu’il a lui-même éliminés et il m’a ordonné de retourner d’où je viens avant qu’il ne me fasse subir le même sort.
«Mon Seigneur est beaucoup plus puissant que tes fétiches» lui ai-je répondu.
Le vieux m’a donc averti des combats à venir en me demandant de me préparer. Au cours de ses offensives, j’ai rêvé d’être transformé en cheval qui s’épuisait dans une longue course. Tout à coup je me suis réveillé en voulant prononcer Lah Ilaha Ila Lah, mais ma langue ne pouvait pas. C’est ainsi que je le formulais dans l’esprit jusqu’à ce que je reprenne forme humaine et que je puisse enfin commencer mes zykres. C’est ainsi que j’ai compris la méthode employée par les féticheurs pour faire succomber leur adversaires en les transformant en cheval qui court jusqu’à la mort durant toute une nuit entière. Très tôt le matin, le vieux est venu devant ma porte, croyant que j’étais mort comme les autres. Il a donc été très surpris de me voir car pour la première fois, il a déclaré la guerre à quelqu’un sans en sortir vainqueur. Bref durant les 4 mois et 14 jours de mon premier séjour dans ce village, chaque nuit a été une offensive ratée pour le vieux.
Un jour de Gamou, lors d’une discussion avec les disciples, je suis tombé évanoui. Dans ce sommeil profond, j’ai visité le paradis, l’enfer et j’ai compris comment Dieu juge les morts. A la fin de ce voyage tous les saints, accompagnés par le prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui) sont venus me rendre visite en me complimentant. A ma reprise de conscience, j’ai dit aux disciples de bien se tenir sur la voie car c’est la voie de la stricte vérité. C’est dans ce village que j’ai obtenu tout ce que je cherchais en Dieu.
Mon lieu de méditation était aménagé sous un tamarinier et c’est sous cet arbre que le prophète est venu maintes fois me rendre visite. Tantôt il était en compagnie de ses compagnons (Aboubacar, Omar, Ousmane et Alioune) tantôt il était seul. Un jour, le prophète est venu me dire: «Cheikh BABA tu es bien guidé et tu n’auras plus de guide sur cette terre»
C’est sous cet arbre que j’ai compris et communiqué avec tout ce qui est, à savoir le ciel, le vent, les animaux, les arbres, les arbustes, les fleurs, les nuages… Plusieurs fois, j’ai prouvé à Ibrahima, qui méditait très souvent à coté de moi, la véracité de mes dires. En effet, je prédisais parfois qui et pour quelles raisons untel ou untel allait venir nous parler. C’est exactement ce qui se produisait et la foi d’Ibrahima s’en est trouvée à chaque fois renforcée.
Pendant toute cette période, je voyais les morts, je discutais avec eux, ils me touchaient et je les sentais. De même, le prophète me donnait à boire, à manger, me faisait part de sa connaissance et me guidait vers le chemin du salut éternel.

Au cours de mon itinéraire, j’ai aussi séjourné à GOSSAS où un homme voulait devenir mon disciple. A ce moment, il était le gardien du fétiche familial représenté par un Boa. Quand sa famille a constaté qu’il me rendait visite, elle a prédit sa mort car selon la croyance, quiconque abandonne le fétiche, meurt aussitôt.
J’ai demandé à mon disciple de ne plus s’occuper du serpent car il ne lui arrivera rien. Au cours d’une nuit, en plein sommeil, j’ai vu le boa se ruer sur moi et je l’ai tué en récitant le Ayat Al Kursy. Au réveil, j’ai dit à mon disciple que le boa va succomber dans peu de temps. Lorsque cela est arrivé, les habitants de GOSSAS étaient tous surpris et les journalistes voulaient me prendre en photo et écrire des articles. J’ai refusé et c’est cela qui a été à l’origine de mon départ de GOSSAS.
Je n’ai pas souhaité médiatiser cet événement qui pourrait développer le fanatisme alors que ma mission est d’encourager la sagesse et la force en chaque être humain. J’enseigne que le miracle n’est pas la connaissance et la maîtrise de l’invisible, le miracle c’est de réussir à améliorer ntre compréhension de la réalitaè, de faire grandir l’amour en nous d’approcher la perfection divine et de devenir un homme meilleur qui participe à l’évolution de la création.

Je suis donc retourné dans ma ville natale ou ma réputation de sage soufi s’est répandue.
De plus en plus de monde venait à ma rencontre pour me demander de les aider, de les guider ou de les soigner. Ma demeure est devenue une école où se réunissent les talibés qui sont en recherche de compréhension et de lumière.

Un des mes disciples, Mamadou N’DOUR est parti étudier en France. Ce dernier est devenu le représentant en Europe de mon école. Cheikh N’DOUR a à son tour initié de nouvelles personnes, surtout des étudiants sénégalais mais aussi, petit à petit des européens et des étudiants d’origines diverses.

A ce jour, grâce à un travail collectif, une ONG a été créée « SOS Population déshéritée » car chaque année, le dara se mobilise pour aider l’hôpital de KAOLACK, pour nourrir la population la plus pauvre, apporter des outils aux paysans, organiser des dons du sang, sensibiliser et informer les habitants sur les maladies sexuellement transmissibles, etc…