Ibrahima-Faye

 

TEMOIGNAGE D’IBRAHIMA FAYE A GADJACK
Premier desciple de Cheikh Baba Sy

Bonjour, je m’appelle Ibrahima Faye.
J’ai connu Cheikh BABA Sy à Farafégné en territoire Gambien en 1987.
Il m’a fait connaître Dieu en me donnant des Zykres à faire et des conditions à respecter.
Par la suite, il m’a prédit le décès de ma femme qui était au village et il m’a même indiqué l’endroit exact où elle serait enterrée alors qu’il ne connaissait pas mon village.
Après confirmation de sa prédiction par des parents, je suis parti au village en compagnie de Cheikh BABA pour les obsèques.
Quelques jours après notre arrivée, mon père m’a ordonné de dire à Cheikh BABA de partir avant qu’il ne lui cause des dommages.
Quelques jours plus tard, le vieux lui déclara la guerre et commença ainsi ses offensives qui étaient en amont et en aval toutes vaines.
Mon père était le plus grand féticheur de la zone. Tout le monde s’en remettait à lui pour jeter des mauvais sorts ou pour écraser ses ennemis.
Voyant son apparence, mon père croyait que j’avais convié Cheikh Baba au village pour l’éliminer afin que je puisse hériter de sa fortune et de ses fétiches qui lui avaient donnés tant d’importance dans la région.
Sa puissance était due à la réunion de trois fétiches de lignées différentes.

Il y avait:
1. Arwack-o-Thiofane (Fétiche de la lignée des Thiofanes)
2. Lagga Ndond-o-Tabore (fétiche de la lignée des Tabores)
3. Sameintèringue-o-Pèdjore (Fétiche de la lignée des Pèdjores).

Un Baobab de plus de 200 ans qui appartenait à mon grand-père, était la demeure des fétiches.
Ce Baobab était deux fois plus petit que celui d’à coté, il ne grandissait pas à cause des fétiches qui y siégeaient. Ce n’est qu’après leur dislocation par Cheikh BABA que l’arbre a été libéré et qu’il a commencé à grandir.

Il y avait à proximité du village un Tamarinier, arbre sous lequel Cheikh BABA et moi faisions des séances de Zykres et de méditation. C’est à cet endroit que l’on a vu le prophète Mohamed qui venait souvent nous rendre visite en remerciant Cheikh BABA. Un jour, il lui a dit : «Tu as le salut de tous les prophètes, tu es maintenant éclairé et bien guidé. A partir d’aujourd’hui, tu n’auras plus de guide».
Ensuite, il nous a demandé de déménager à coté car le village était situé sur un endroit approprié aux fétiches.
C’est aussi sous ce Tamarinier que Cheikh BABA a pu comprendre le langage de toutes les créatures afin de communiquer avec elles.
Sous ce même arbre, les serpents faisaient des vas et viens et parfois ils nous tournaient même autour sans qu’ils ne nous mordent.
Un jour, après un passage du prophète, Cheikh BABA m’a dit : « Maintenant j’ai grandi, je ne suis plus l’enfant de personne car j’ai obtenu du prophète ce qu’aucun homme n’a pu obtenir de lui».
Cheikh BABA, durant tout son séjours au village, ne mangeait, ne buvait et ne dormait presque pas, il méditait tout le temps.
Tout ce qu’il a pu obtenir, il l’a obtenu grâce à sa volonté, à son courage et à sa persévérance. Malgré la dureté des conditions du soufisme, Cheikh BABA n’a jamais essayé de rebrousser chemin.
Vraiment Cheikh BABA a cultivé la clairvoyance en nous pour que l’on puisse aller au-delà des dogmes qui servent d’appât à d’autres guides religieux pour dépouiller la société. Contrairement à de nombreux guides religieux, Cheikh BABA est venu nous éclairer sur les inédits de la religion pour que l’on puisse se libérer de toute contrainte.
Vraiment, on se sent nous-mêmes parce que l’on est plus jamais exploité et cela c’est grâce à Cheikh BABA.
A partir du moment où l’on se sent être sur la bonne voie, on jure de ne jamais s’arrêter.
Au début, les gens nous prenaient pour des fous et ils nous ont exclus. Mais après, petit à petit, nous avons pu réintégrer la société avec de nouvelles visions et missions.
Lorsque les gens nous interpellaient, nous leur répondions qu’avec les fétiches, on ne peut qu’ensauvager la société alors que la religion est venue pour l’humaniser, c’est-à-dire qu’elle rend à l’homme sa vraie grandeur.
Maintenant, notre ethnie a pu comprendre que la puissance Divine est beaucoup plus forte que celle des fétiches.
Ainsi le rang des disciples s’est élargit peu à peu. Au début, c’était les jeunes qui s’y intéressaient et ensuite, même les adultes ont reconnu notre humanisme et ils sont venus à nous.
Un vrai guide doit faire part de sa connaissance de l’éveil aux autres et c’est ce que Cheikh BABA nous a fait connaître.
Avec Cheikh BABA, vraiment, tout a changé mais surtout le comportement des gens.
La paix est la base de toute chose, c’est cela qui est la raison d’être de l’Islam qui se prouve à travers la salutation: Assalamou Aleikoume qui signifie Que la paix Divine soit sur vous.

Franchement, si tous les guides religieux étaient comme Cheikh BABA, le monde entier serait en paix.

 

Ibrahima Faye